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L’intelligence artificielle : craintes ou opportunités ?

Une vraie question qui soulève un clivage entre ceux qui sont favorables et ceux qui estiment que l’IA pourrait représenter une menace.

Avant de développer un raisonnement sur ce sujet d’actualité qui suscite l’intérêt de nombreux acteurs. Définissons d’abord ce qu’est exactement, l’intelligence artificielle dont tout le monde parle, sans vraiment parfois comprendre son fonctionnement.

  • Comment peut-on définir l’intelligence artificielle ?

Les spécialistes s’accordent sur le fait que l’intelligence artificielle peut prendre diverses formes : émotionnelle, organisationnelle, systématique, rationnelle, littéraire, stratégique, créative, situationnelle, etc. On ne peut donc pas parler d’UNE seule intelligence, mais bien d’une multitude qui prennent diverses formes.

Elle est avant tout une discipline scientifique, qui s’intéresse au traitement des connaissances et au raisonnement afin d’offrir à une machine les mêmes capacités que l’homme en matière d’intelligence.

Si l’on va plus en profondeur dans la définition de celle-ci, on distingue quatre grands piliers :

  • L’auto-apprentissage (la capacité pour une machine ou un ordinateur, à apprendre de manière autonome, au fil du temps, on pourrait même dire par “expérience”)
  • La reconnaissance audiovisuelle (la capacité pour une machine d’avoir des aptitudes sensorielles tout comme l’être humain, par la vision, l’ouïe ou le toucher)
  • Le traitement du langage naturel (la capacité pour une machine à interagir avec un humain, à l’oral ou à l’écrit, dans un langage naturel)
  • La planification de tâches (la capacité pour une machine à élaborer des plans, à planifier des séries d’actions)

 

  • Où se trouve cette intelligence artificielle dans notre quotidien ?

Le développement de cette intelligence artificielle a fait émerger un grand nombre de produits qui font de plus en plus partie intégrante de notre vie quotidienne. On pourrait citer les assistants personnels qui deviennent de plus en plus nombreux, pointus et affûtés.

Google s’impose avec l’assistant Home qui est d’un tout autre niveau que les précédents assistants présents sur Androïd (Google Now, Isis Assistant, Jeannie, Skyvi). Bien qu’Isis Assistant s’inspire des fonctionnalités de Siri pour Apple (non exhaustif), il est loin d’atteindre les mêmes performances. Avec Home, Google, permet de relier tous les appareils de la maison, puis sont désormais gérés vocalement et interconnectés.

Parallèlement, Amazon Web Services lance Rekognition, une intelligence artificielle de reconnaissance d’image, capable d’identifier des éléments tels que les visages, les émotions, le sexe, le nombre de personne(s) et bien d’autres choses. Le système ayant enregistré des milliers d’images pour se constituer une base de savoir, peut notamment reconnaître un animal, voire sa race. Il est taillé pour réaliser des traitements en temps réel, ou en batch.

 

Finalement, avec un peu plus d’attention on se rend compte que l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place. Mais tout cela ne date pas d’aujourd’hui…

  • Petits rappels historiques

En 1956, le premier programme d’intelligence artificielle voit le jour ainsi que cette appellation. Ce ne sera qu’en 1962, où le monde assiste à la première victoire d’une machine sur l’homme lors d’un jeu de dames. Un peu avant les années 2000, précisément en 1997, Deepblue un ordinateur développé par IBM parvient à vaincre Garry Kasparov le champion du monde au jeu d’échec. En 2010, Google lance sa première voiture autonome qui repose en partie sur l’intelligence artificielle. 2016 marque l’année de l’intelligence artificielle déclare Microsoft, le CEO continue sur la même ligne en rajoutant « C’est notre responsabilité de faire que l’intelligence artificielle augmente l’ingéniosité et les possibilités humaines ».

Le plus gros défi de demain pour les chercheurs est de concevoir l’intelligence émotionnelle qui pourrait reconnaître une personne satisfaite ou  mécontente, à travers une analyse vocale et morphologique. L’IA pourrait donc à terme adapter son langage selon la personnalité de son interlocuteur grâce à une bibliothèque regroupant les différentes expressions que renvoie un visage humain ou par le décryptage de la voix humaine.

Cette technologie subit sans cesse depuis ses prémices un renouveau, jusqu’où peut aller cette intelligence ?

 

  • Science ou inconscience ? Doit-on s’inquiéter ?

L’IA n’est pas considérée comme une menace par certains, car comme on l’a vu, elle n’est performante que dans un domaine et contexte bien précis. Cette non-existence d’UNE seule intelligence artificielle suffit à rassurer une partie, qui voit en elle une opportunité d’améliorer la performance de leur entreprise. En effet, Forrester rapporte dans ses prévisions que les investissements en faveur de l’IA, comptent bien tripler durant l’année 2017. L’intelligence artificielle leur permet d’avoir accès à des informations précieuses, inatteignables auparavant, tout cela grâce à des interfaces cognitives intégrées à des systèmes complexes, notamment en terme de machine Learning.

Ces investissements ont pour principale cible les informations clients, dans une optique de devenir « insight-driven ».

     L’IA et défaillance ?

Un récent événement a pourtant démontré récemment, que l’IA pouvait avoir certains inconvénients. En effet, ici on fait référence à l’IA élaborée par Microsoft, « Tay » un « chatbot » qui s’est vu prendre les rênes de divers comptes de réseaux sociaux en mars dernier. L’expérience a été un fiasco, l’IA a fait l’objet d’une opération de détournement organisée par, entre autres, des militants soutenant Donald Trump, d’après le journal Le Monde. L’expérience a tourné au fiasco sous l’action de ses derniers, « Tay » a tenu des propos plus que déplacés. Le lendemain, l’IA a été désactivée jusqu’à la remise au point de celle-ci.

C’est en cela que “65% des français se disent inquiets du développement de l’intelligence artificielle” selon le résultat d’une enquête IFOP. Cette inquiétude ne ralentit pas pour autant le déploiement de l’IA, toutefois son impact diffère selon les secteurs d’activités.

     Quels sont les secteurs les plus susceptibles d’être automatisés ?

On retrouve en première position la restauration collective, avec une automatisation pouvant aller jusqu’à 73% selon McKinsey, suivent : la production avec 59%, le commerce de détail et le transport, chacun 51%, l’extraction des ressources 50%.

De ce fait, les emplois les plus exposés sont les cols bleus et les emplois administratifs. Ces derniers ne sont pas les seuls. On peut citer également, les travailleurs de connaissances actifs dans différents secteurs, tels que la finance à 43%, la santé et les médias 36% tous deux, avec en ligne de mire les rédacteurs.

     A contrario ceux qui s’en sortent le mieux

En terme de faisabilité, dans le secteur de l’éducation la part de l’IA ne devrait pas dépasser 27%, elle est encore moindre pour les activités du management avec un potentiel d’automatisation de 9% seulement. Ainsi, la prise de décision et la planification sont encore des tâches qu’on a visiblement du mal à automatiser.

Selon l’étude de l’OCDE, 9% des emplois en France pourraient être remplacés par des robots et/ou logiciels. Cette tendance de l’intelligence artificielle est due à la croissance de l’IoT. D’ici 2020, Mckinsey & Co estime à 30 milliards le nombre de devices connectés ce qui représente une immense opportunité de datas, avec de nouveaux défis de collecte, de traitement et d’action qui en découlent. L’IA pourrait s’avérer être un moyen dont on ne peut se passer dans le traitement de cette data. Qui se confronte mais soutient par la même occasion le métier des data scientists.

  • Les opportunités de l’intelligence artificielle

L’IA semble être un soutien dans l’exécution des tâches d’un employé, mais elle peut être aussi une substitution définitive et moins onéreuse. On rentre très clairement dans la destruction créatrice énoncée par Schumpeter, certes l’IA est une solution de substitution mais elle est aussi créatrice d’emplois. 30% des postes dans la robotique ne seraient pas pourvus, ce qui offre un avenir plutôt radieux aux développeurs, et tous les métiers qui permettent de gérer cette IA.

Le géant du Cloud public ne cesse de nous surprendre, depuis 20 ans il dédie des milliers de salariés dans cette branche prometteuse. Ainsi avec ses nouveaux services d’intelligence artificielle, Amazon Web Services semble vouloir se repositionner face à ses concurrents, Microsoft, IBM et Salesforce, qui semblent tous avoir eu du flair sur la valeur ajoutée que pourrait apporter l’IA dans leurs offres Cloud.

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Attendons-nous donc prochainement à quelques nouveautés des géants du Cloud.

  • Finalement faut-il la craindre ?

Si l’étude « Artificial Intelligence and Life in 2030 » publiée par l’université de Stanford en septembre dernier démontre aucun risque concernant l’intelligence artificielle. Ce ne sont pas les avis du scientifique Stephen Hawking et du philosophe Nick Bostrom, ou encore Bill Gates qui ont manifesté une grande préoccupation à ce sujet, voire à la qualifier de « danger pour l’humanité ».

Finalement, nous sommes loin d’un scénario à la « Terminator » mais seul l’avenir nous le prouvera…